Vous avez dit fauteurs de troubles ?  Les manifestations vécues ce week-end ont fait la démonstration que les violences ressemblent fortement à celles connues au cours des derniers mois lorsque les organisations syndicales qui combattaient la loi El Khomri et les ordonnances Macron, manifesta


Les manifestations vécues ce week-end ont fait la démonstration que les violences ressemblent fortement à celles connues au cours des derniers mois lorsque les organisations syndicales qui combattaient la loi El Khomri et les ordonnances Macron, manifestaient.

Même techniques de la part des casseurs et surtout même préparation, souvent derrière les forces de police. Il faut cependant faire quelques différences entre l’organisation d’une manifestation sans organisation et celles des organisations syndicales structurées, avec des interlocuteurs et des services de sécurité qui ont toujours limité le nombre des blessés et ont permis, malgré les violences, que les manifestations se déroulent.

Il faut aussi constater que si les pouvoirs publics répètent sans cesse que la liberté de manifester est là, il faut se souvenir que, contre la loi El Khomri la Préfecture de police, qui dans un premier temps, interdisait une manifestation, nous « parquait » ensuite pour ne pas dire qu’elle l’avait interdite, autour du bassin de l’Arsenal près de la Place de la Bastille.
Hier les « gilets jaunes » devaient être eux aussi « parqués » sur le Champs de Mars. Y a-t-il vraiment une liberté de manifester aujourd’hui ?
Paris, fermée aux voitures dans les prochaines années et particulièrement aux véhicules diesel devra t’elle être fermée aux manifestations, sauf dans des endroits où personne ne les voient ?

Autre similitude entre ces différentes manifestations, c’est le comptage, que les « gilets jaunes » viennent de découvrir avec les chiffres toujours fantaisistes du Ministère de l’intérieur qui démontrent d’ailleurs bien souvent le nombre de manifestants avant que la manifestation n’ait eu lieu pour immédiatement dire que le mouvement s’essouffle même si c’est la première manifestation.

Les troubles, les violences existent parce que les réformes aux revendications ne sont pas apportées et la même logique continue à se développer : Le Président et le gouvernement réforment parce que les Français le demandent. Ils augmentent les taxes sur les carburants parce que le climat et la santé des Français le nécessitent.
Seulement, les Français à 77% soutiennent le mouvement dénonçant les taxes et le prix des carburants qui étranglent le pouvoir d’achat.

Ils disent aussi que cela s’ajoute aux ponctions toujours plus fortes pratiquées chez les retraités avec l’augmentation de la CSG et le blocage de leurs retraites. Ils étaient d’ailleurs nombreux dans toutes les manifestations de la dernière semaine.
Des négociations inexistantes dans les entreprises, un pouvoir d’achat qui baisse et des difficultés de plus en plus fortes pour vivre.

Des services publics qui disparaissent, des fonctionnaires assurant ce service public qui voient leur nombre diminuer entrainant des répercussions considérables pour les travailleurs qui voient disparaitre écoles, hôpitaux, bureaux de postes, agences d’EDF, transports publics et gares en province, conduisant à une véritable désertification mais aussi à Paris et dans toute la région parisienne où « les zones de non droit » continueront à se développer.
C’est la précarité et la misère qui s’installent avec le chômage, la baisse du pouvoir d’achat et les services publics, qui disparaissent.

La violence risque encore d’éclater, les débordements seront de plus en plus fréquents. Mais qui sont réellement les « fauteurs de trouble » ? Si ce n’est ce gouvernement et le Président de la République qui restent « droits dans leurs bottes », qui promettent et ne donnent jamais de véritables réponses à toutes les questions qui sont posées.

Ils portent, et eux seuls, la responsabilité des éclatements car ils ne répondent ni aux problèmes de pertes de pouvoir d’achat liées à l’augmentation des taxes et du prix des produits pétroliers, à l’augmentation du prix du gaz et de l’électricité au prix de l’eau, mais aussi à la perte du pouvoir d’achat pour tous les travailleurs qu’ils soient salariés, retraités ou chômeurs.

Ils ne répondent que par les contre-réformes sur l’assurance chômage où ils veulent encore diminuer les indemnités, sur les retraites en donnant le sentiment qu’en alignant les 42 régimes tout le monde vivra mieux dans le même temps où chacun sait bien que l’objectif final est celui de la diminution pour tous du montant de la retraite de chacun, que l’on soit du privé ou du public.

Ils répondent en supprimant tous les services publics de proximité sous couvert de productivité et de rentabilité laissant une grande partie de la population sans leurs hôpitaux, sans leurs trains ou services de cars, sans leurs bureaux de postes, sans leurs services d’EDF, sans leur gendarmerie etc…

Les fauteurs de troubles ce sont eux. Eux qui se contentent de promesses. Eux qui détruisent tout ce qui avait été construit par la négociation et les combats syndicaux et mis en œuvre par le Conseil National de la Résistance.

En 1789, le peuple réclamait du pain. C’est encore le cas aujourd’hui !
En ne lui répondant pas vous portez la lourde responsabilité du chômage et de la misère et bien entendu de tout ce qui découle de cela : la violence !

Quant à notre syndicat la CGT-FO, elle est totalement dans son rôle et le tiendra dans le cadre du respect des mandats qui lui sont confiés par nos instances et notamment le Congrès Confédéral de Lille, lorsqu’elle revendique l’augmentation générale des salaires, des retraites et des pensions, des minima sociaux !

Il faut plus que jamais se mobiliser y compris par la grève pour obtenir satisfaction.

Le plus tôt étant le mieux.




Paris, le 26 novembre 2018



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