Coup de frein sur les effectifs des cabinets ministériels  Le nombre de collaborateurs des ministres est le plus bas depuis 2007.




Après la claque des élections municipales, en mars dernier, François Hollande avait placé Manuel Valls à la tête d'une «équipe resserrée», pour mener un «gouvernement de combat». Au final, après la nomination de tous les secrétaires d’État, qui s'étaient ajoutés au 16 ministres, le nombre de ministères n'a pas été aussi spectaculairement réduit que promis. Mais il a tout de même baissé, passant de 38 sous le gouvernement Ayrault, à 32.

Surtout, parallèlement à ce rétrécissement du périmètre, les effectifs des cabinets ministériels (directeurs de cabinet, chefs de cabinets, conseillers techniques...) ont significativement fondu. Au 1er juillet 2014, ils s'élevaient à 461 conseillers, soit tout de même 104 de moins qu'un an auparavant (-18,4%), indique un rapport annexé au projet de loi de finances (PLF) 2015. Il s'agit du niveau le plus bas depuis 2007. Le gouvernement Fillon avait compté jusqu'à 652 conseillers en 2008 et 2009, avant que ce chiffre ne reflue.

La règle fixée par Jean-Marc Ayrault - 15 collaborateurs pour un ministre et 10 pour un secrétaire d’État - n'a pas été durçie. Certains ministres ne la respectent cependant pas tout à fait. Benoît Hamon, ministre de l’Éducation, en disposait de 18 (3 de plus en un an). Laurent Fabius (affaires étrangères) compte 17 conseillers, de même que Michel Sapin (finances). Christian Eckert (secrétaire d'État au Budget) en a 16 - mais plus de la moitié sont communs avec son ministre de tutelle - , de même que Ségolène Royal (Écologie), Christiane Taubira (justice) et François Rebsamen (travail).

C'est sans conteste, Manuel Valls qui a fait le plus gros effort, puisqu'il ne dispose plus que de 45 conseillers, contre 57 pour son prédécesseur.

Parallèlement, les effectifs des fonctions support des ministères (protection, sécurité, administration, intendance...) ont également reculé, mais à un rythme plus faible (-6,7%). Avec 2306 personnes, c'est le «plus bas niveau» depuis 2007, souligne toutefois le rapport.

La rémunération des personnels a aussi mathématiquement diminué, mais à un rythme plus lent: moins de 4% de baisse par exemple pour l'ensemble du cabinet du Premier Ministre.

S'agissant des indemnités pour sujétions particulières (ISP), plus communément appelées «primes de cabinet», et plus «directement maîtrisables», selon le rapport, elles s'élèvent à 24,2 millions d'euros en 2014. Elles ont certes chuté de près de 9% en un an et sont inférieures de 16% à la moyenne 2007-2011. Mais rapportée aux effectifs totaux (2767 personnes), cette prime a stagné en un an à environ 8750 euros par personne en moyenne. L'enveloppe globale a même augmenté pour le cabinet du premier ministre, de 5,8 millions à 6,1 million d'euros, alors que le nombre de conseillers diminuait notablement.

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